
Notre bapteme amazonien commence par 2 jours de marche dans la foret primaire (7h par jour) avec un bivouac au bord d une riviere. Accompagnees de Julian (notre chef de famille d accueil), Dorian (le petit Moogly de 12 ans du village) et de Yannick (benevole pour le camp), nous partons dans la jungle en bottes, sceptiques sur notre capacite a supporter la chaleur, l humidite et l inconfort des bottas!!! 
Le cote agreable de cette sortie fut la decouverte d un environnement fait d une multitude de plantes medicinales, d arbres et d insectes en tout genre... Trempees jusqu aux os de la transpiration et des traversees de rivieres... ouf de soulagement, nous arrivons au camp. Le bivouac se resume a une cabane en feuille et a 2 baches plastiques pour dormir... le ciel se couvre... il pleut... quelle nuit va t on passer??? On se croirait dans Koh Lanta ( petite pensee a Frede...). 
Finalement Nath dormira seule sans sa tarentule. 
Le lendemain de ce periple, nous passons une journee plus culturelle: visite du musee chasse et peche, d une reserve qui recueil les animaux sauvages (on voit enfin des singes, tortues, toucans, felins... qu on ne peut plus voir dams la jungle empietee par les hommes...) 
En soiree, fabrication de chicha (boisson a base de racine de Yuka) et du chocolat a partir des graines de cacao. Puis soiree guitare autour du feu avec Yannick et Steph (merci les gars!!!) 
Petit apparte culturelle :-) Nous avons loge au centre meme d une communaute indigene, le campo cocha, accueillies par une famille. Cette communaute, qui existe depuis 35 ans, est composee de natif (des indigenes Quichas, et non Quechas- c est au perou) qui ont "abandonnes" leur vie en tribu en pleine foret pour se sedentariser. Elle est organisee en association avec un president elu tous les 2 ans, ils decident ainsi de la gestion collective:ecoles, infrastructures sportives... et nouvellement le tourisme communautaire... En bons professeurs, nous nous sommes interessees a l ecole: il existe 3 sections d age (2-5ans, 6-8 et 9-12), les profs sont payes par la communaute. Il n y a pas de service public scolaire, seule une collation est offerte le midi. Apres 12 ans, les enfants partent travailler a la ville pour pouvoir se payer des etudes. Les familles sont nombreuses, 8 a 10 enfants, ce qui fait partie de leur culture mais qui amene une explosion demographique et donc une exploitation plus importante de la foret. 
Chaque famille possede sa propre ferme a gerer: culture de banane, du Yuka et du cacao... Ils se nourrissent notamment de la chicha (fait par les femmes a base de racine de Yuka qu elles font fermenter). Le cacao est commercialise, ils ne s en servent quasiment pas. Le commerce equitable leur a permit de vendre les graines de cacao un peu mieux en evitant certains intermediaires. Mais ils ne prennent pas toutes les graines, le controle est drastique... Les conditions de vie sont rudes, peu de revenu... 
La communaute a 3500 hectares de reserve (foret primaire) dont ils expoitents un peu les arbres (fabrication de pirogue -canoa, de maison) et les plantes medicinales... Mais la communaute n est proprietaire que des 35cm de profondeur du sol, ils tentent de s organiser collectivement afin de les conserver car le gouvernement pourrait decider de leur reprendre a tout moment. Ils sont en equilibre instable entre conserver leur territoire (mais avoir des conditions de vie diificiles) et les vendre pour gagner beaucoup d argent en une fois (pas beaucoup pour nous d ailleur...). En effet les bois precieux est recherche, et les compagnies petrolieres et minieres sont interessees par les richesses du terrain. Vendre sera un apport immediat d argent, mais une perte sur le long terme economique, culturelle... La deforestation grignotte toujours un peu plus la foret... 
Campo Cocha a decide de mettre en place un tourisme au sein meme de la communaute afin d apporter une nouvelle source de revenu mais aussi de faire connaitre leur situation aux gens de l exterieur et d asseoir petit a petit une legitimite politique a la communaute. Cesar, le president actuel de la communaute, a ete novateur dans ce domaine. Alors que presonne n y croyait, il a reussi a developper des cabanes pour les touristes a Campo Cocha. Avec sa femme, Nolwen, ils montrent le chemin au reste de la communaute en terme d accueil touristique. Nous vous recommandaons d aller les voir, ce sera pour vous une source inepuisable de connaissance sur les coutumes et la vie dans les villages indigenes. Et pourquoi pas demander a dormir dans Campo Cacha!!! http://amazanga.org |